• E. Bernard - Illustration pour la Monographie de la presse
  • Vignette
  • Tableau de l'ordre des gendelettre
  • Hibach, L'orchestre de la presse,
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Monographie de la presse parisienne

Collection : Journaux et revues
Auteur / Intervenant : Balzac
Date : 1842
Localisation : Bibliothèque

Balzac ne tenait pas la presse et « ses faiseurs » dans la meilleure des estimes. C’est en publiant en 1842 un ouvrage intitulé Monographie de la presse parisienne qu’il révéla son jugement sur une activité éditoriale qui, outre sa dépendance particulière au goût versatile du public, contraignait ses auteurs aux heurts plus ou moins aigres et violents d’une sociabilité artificielle, où l’amitié et la reconnaissance sincères n’avaient que peu à voir avec les préoccupations du publiciste ou du critique. N’alla-t-il pas jusqu’à reprendre la caricature d’Alphonse Karr, ami et néanmoins rival avec lequel il se brouillera, en guêpe lui-même ?

Cette monographie est à rapprocher du genre littéraire des physiologies, à la mode dans les  années 1830-1840, mais en plus étoffé et moins elliptique. En effet la Monographie de la presse est très proche par son style de ces études critiques et burlesques des types et figures sociales caractéristiques du temps. Mais ce genre ricanant n’est pas qu’une singerie de l’étude scientifique tentant d’embrasser la totalité de la compréhension du monde. Comme dans son projet qui gouverne La Comédie humaine, Balzac use ici, sous couvert de la bouffonnerie, du ton spirituel de la dérision, de jugements décalés par leur exagération ou insuffisance excessive, de procédés qui témoignent pourtant avec le recul, d’une certaine justesse d’observation totalisante qui n’est pas pour trahir la réalité.

L’ouvrage est illustré de vignettes et de planches hors-texte conçues par de nombreux dessinateurs et graveurs. La Monographie se clôt par un cul-de-lampe gravé sur bois montrant une allégorie charge de la presse figurant une harpie vindicative et revendiquante, vêtue de feuille de journaux et coiffée d’un encrier, éperons aux talons, trompette de la renommée façon de gourdin, aussi sèche que Balzac affiche une rondeur bonhomme et diplomate tentant conciliation et déférence dans ce qui semble une négociation difficile… Balzac écrira  à Mme Hanska le 20 mars 1843 : « …Je vous joins ici la charge de votre serviteur ; c’est le dernier dessin qui termine la Monographie ; ça ne me ressemble guère, mais c’est assez la ressemblance de la redingote avec laquelle je trotte le matin à mes imprimeries et surtout celle du chapeau qui reçoit les averses… »