La Comédie humaine. Balzac par Eduardo Arroyo

Du 06 février 2020 au 10 mai 2020

Avec cette nouvelle exposition, la Maison de Balzac présente un artiste qui est le seul à s’être intéressé à la fois à la figure de Balzac, aux personnages tirés de ses romans mais aussi aux endroits où l’écrivain a vécu. À travers une trentaine de peintures, collages et dessins, réalisés depuis 2014, La Comédie humaine, Balzac par Eduardo Arroyo montre comment cet artiste utilise sa connaissance très fine de Balzac pour se pencher sur ses propres impressions.

Portraits de l’écrivain, intérieurs et personnages deviennent ainsi le prétexte à un vagabondage dans les souvenirs, à une narration qui prolonge les mémoires du peintre. Les oeuvres nous invitent à une promenade dans le Paris d’hier et portent une rêverie nourrie de souvenirs liés à cette ville, explorent des sensations qu’Arroyo place dans la lignée des romans d’Aragon. Littérature et peinture se croisent tant et si bien qu’elles se fondent. Eduardo Arroyo s’est fait connaître dans les années 1960, comme l’un des fondateurs du mouvement pictural « Figuration narrative ». Sa peinture aux couleurs vives, au dessin précis, exprime le fort tempérament d’un peintre contestataire, engagé dans la politique comme dans l’art.

Le premier contact d’Arroyo avec Balzac lorsqu’il arrive à Paris dans les années 60, c’est la sculpture de Rodin sur le boulevard Raspail, il découvre ensuite les curieux portraits de l’écrivain par Picasso. Mais ce lien se concrétise lorsque Gilles Aillaud propose en 1964 le thème du roman Une passion dans le désert à Eduardo Arroyo et Antonio Recalcati pour un cycle de treize peintures, peu après présenté par les critiques comme le manifeste d’un nouveau mouvement pictural, la figuration narrative.

C’est en 2013, qu’Arroyo réintroduit Balzac dans sa peinture, avec près d’une trentaine d’oeuvres. En 2015, il décide de publier une Comédie humaine illustrée, chantier colossal, propre à stimuler l’artiste. Curieux, il a figuré les héros d’ouvrages peu connus, comme Melmoth réconcilié ou Les Employés. Il n’hésite pas à peindre des personnages que Balzac lui-même renonce à décrire, comme s’il y voyait un défi à relever. Arroyo ne restitue d’ailleurs pas La Comédie humaine, ni la vie de Balzac, mais y trouve l’inspiration, en retient des impressions qui se mêlent à des souvenirs personnels, pour des créations souvent surprenantes.

Le projet a malheureusement été brisé par sa disparition en 2018, mais de nombreux portraits de personnages ont néanmoins été réalisés : ces oeuvres d’Arroyo forment la première tentative d’illustration de La Comédie humaine par un artiste d’envergure. La Maison de Balzac est la première institution en France à consacrer un hommage à cet artiste disparu