• Manuscrit pour la préface du Cabinet des antiques, page 1
  • Manuscrit pour la préface du Cabinet des antiques, page 2
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Manuscrit pour la préface du Cabinet des antiques

Collection : La Comédie humaine
Auteur / Intervenant : Honoré de Balzac
Date : 1839
Materials and techniques: Encre noire sur papier vélin filigrané "Whatman"
Dimensions : 27,6 x 21,5 cm
Localisation : Réserve

La préface écrite en 1839 annonce la place de l'ouvrage dans les Études de moeurs au XIXe siècle, car La Comédie humaine n'est pas encore conçue. "Le Cabinet des antiques est l'histoire de ces jeunes gens pauvres, chargés d'un grand nom, et venus à Paris pour s'y perdre, qui par le jeu, qui par l'envie de briller, qui par l'entraînement de la vie parisienne, qui par une tentative d'augmenter sa fortune, qui par un amour heureux ou malheureux".

L'intrigue est simple : "Victorien d'Esgrignon se ruine à Paris. Poursuivi pour ses dettes et sauvé in extremis, cet être faible retourne mener une vie ennuyeuse dans sa province natale avant de se résigner à épouser une roturière fortunée. Le personnage le plus important de ce texte reste la duchesse Diane de Maufrigneuse, l'une des femmes supérieures de La Comédie humaine, qui porte un regard lucide sur l'évolution de la société et se montre capable d'assener aux d'Esgrignon la morale des nouveaux temps : "il n'y a plus de noblesse, il n'y a que de l'aristocratie. [...] Vous serez bien plus nobles que vous ne l'êtes quand vous aurez de l'argent."

Ce texte écrit durant plusieurs années comporte de substantielles modifications entre la première version datée de 1836 et l'édition de 1839. On y mesure la complexité des convictions politiques de Balzac qui se présente comme légitimiste depuis sa rencontre avec madame de Castries mais ne se prive pas d'égratigner une noblesse de province arc-boutée sur ses anciens privilèges et incapable de s'adapter aux profonds changements de la société française.

Le premier feuillet du manuscrit est parfaitement révélateur de la manière dont Balzac s'implique dans la mise en pages. Les indications "titre et faux titre 4 pages laisser cela en dehors" ou "commencer par 9 lignes sur un bout de filet et composer la préface à 17 lignes en saint augustin" montrent la faible marge de manoeuvre laissée à l'imprimeur, qui se voit imposer la nature du caractère, les marges comme les espaces. Le manuscrit s'achève sur des "notes pour l'imprimeur. Après la préface vous mettrez en faux-titre Le Cabinet des antiques (2 pages) puis Dédicace (2 pages ce qui avec les pages de la dédicace fait une demi feuille)." Ce n'est donc pas seulement un roman que conçoit Balzac mais toute sa mise en page : le lecteur d'une édition originale tient dans les mains le texte sous la forme exacte voulue par l'auteur.

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La Maison de Balzac conserve l'intégralité de cette préface autographe composée de neuf pages sur huit feuillets bleutés, monté sur onglet et reliés en un volume bradel cartonné papier gris